Un graphiste indépendant, pourquoi c’est aussi cher ?

C’est une question qui revient assez souvent. Les prospects que j’ai l’habitude de rencontrer me la posent tous : « pourquoi les services d’un graphiste sont ils aussi onéreux, alors que je pourrais avoir la même chose beaucoup moins cher ? » J’ai donc décidé d’entreprendre l’écriture de ce post afin d’expliquer ce qui justifie cette prestation.

Sommaire
Amateur ou professionnel?
La formation
La polyvalence
L’étude du marché de l’environnement et de la concurrence
Étude des solutions
La création
Les charges
Qu’est-ce que le bénéfice annuel?


 AMATEUR OU PROFESSIONNEL ?

Avant tout, il est important de distinguer les possesseurs de photoshop et les graphistes professionnels (ayant de préférence un numéro de siret ). En effet, selon moi, l’un d’eux est un « pirate » de logiciels qui s’amuse, qui peut agréablement nous surprendre … ou pas ; tandis que l’autre est un expert, fiable, à la recherche de professionnalisme … et surtout de clients fiables. Dans les deux cas, il faut faire ses preuves et se construire un bon réseau.

Le fait d’avoir un appareil photo ne fait pas de vous un photographe. Préjugé. Vous êtes très certainement un passionné de photo très doué sur instagram, mais pas encore photographe. Vous êtes photographe si vous produisez des bénéfices de votre activité et que vous êtes enregistré, je vais me permettre de résumer ainsi pour le moment. Il faut le cursus, l’expérience et la réputation qui va avec. Quand on est graphiste, on comprend qu’il est normal d’investir sur nos logiciels au même titre qu’un bon appareil photo.

LA FORMATION

Avant d’être un professionnel, l’apprenti graphiste étudie encore et encore, et pour être honnête, il n’arrête jamais. Il existe différents cursus pour y arriver : il peut opter pour un BTS design graphique option communication et média imprimés ou un BTS design de communication et volume, par exemple. Bien entendu les voies d’accès à la profession sont multiples. Les diplômes délivrés par les écoles d’art sont également très demandés. Un bon freelance, est avant tout curieux et passionné.

L’avantage du cursus scolaire ou d’une très grande curiosité, est que cela permettra un élargissement des connaissances : de l’histoire de l’art, à la programmation de script sur photoshop, en passant par les différentes techniques d’impression ; les domaines d’intervention sont vastes et variés.

Pour un BTS le candidat passera en moyenne 2 à 3 ans en formation, pour un coût allant de 4000 à 6000 euros l’année. Bien entendu la formation ne s’arrête pas au BTS, mais nous développerons tout cela dans un prochain post.

Tout comme le boucher, ou le psychologue, ce dernier passe par un cursus professionnel plus ou moins spécifique, pour par la suite décrocher le diplôme tant attendu. Dans certains cas, le graphiste peut également être autodidacte : bien plus qu’une passion, l’apprenti porte un réel intérêt aux différentes techniques qui ne cessent d’évoluer, mais aussi aux différentes réglementations et autres droits d’auteur. Pour être reconnu il passera par les mêmes étapes que son confrère sorti des écoles. Il sera tout aussi productif mais surtout déclaré.

LA POLYVALENCE

Le graphiste freelance se rendra également très vite compte qu’il devra porter plusieurs casquettes : en plus de l’aspect créatif, celui-ci doit être un brillant commercial, pour évidement se démarquer sur ce marché extrêmement concurrentiel.

Il existe différentes sortes de graphistes. Il peut être spécialisé dans le web ou dans l’impression ou parfois les deux. Je ne rentrerai pas dans les détails dans ce post mais il faut savoir que le métier de graphiste se décline sous plusieurs formes. A toi client de voir ce dont tu as effectivement besoin. Bien entendu plus un graphiste est polyvalent et plus la note sera élevée, en théorie.

LE GRAPHISTE QUI SAIT TOUT FAIRE EST T-IL FORCÉMENT MEILLEUR QUE LE SPÉCIALISTE ?

Pas forcément. Je vais illustrer ma réponse avec un exemple en prenant le secteur de l’alimentaire. Vous trouverez des boutiques spécialisées dans un produit, les macarons, et puis vous trouverez en grandes surfaces ces « mêmes » macarons, mais de moins bonne qualité. Les macarons des grandes surfaces ne sont pas mauvais, mais juste un peu moins bien travaillés et du coup moins bons. C’est un peu la même chose avec le graphiste. A trop vouloir toucher à tout, on finit par être moyen dans tout. A contrario, celui qui se spécialise, finira forcément par devenir un master dans son domaine. Et pourquoi ne pas rémunérer comme il se doit un professionnel ?

L’ÉTUDE DU MARCHÉ, DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA CONCURRENCE

Une fois l’apprenti devenu professionnel celui-ci devra au préalable étudier le marché au travers du business plan : comment travaillent les confrères ? quels sont les procédés de vente et comment facturer ? Il devra bien entendu se situer au mieux par rapport à ces différents repères, fixer au mieux ses tarifs horaires. Les prix fixés ne sont pas inventés par le graphiste étant donné que celui ci doit, comme dans de nombreux métiers, s’aligner sur celui de ses confrères, en prenant en compte notamment toutes les charges qui lui incombent.

ÉTUDE DES SOLUTIONS

NON le graphiste ne facture pas à la tête du client !

… mais chaque client est différent et les devis ainsi que les factures sont également uniques. Une pochette pour un rappeur de quartier ne se vendra pas au même prix que celle pour une major.

QUE FAIT LE GRAPHISTE APRÈS AVOIR REÇU SON CLIENT SUITE AU PREMIER ENTRETIEN ?

Avant tout il remplit le cahier des charges. Ce dernier est un document qui va permettre de mettre à l’écrit les besoins du client. Il va également permettre de définir clairement les missions des intervenants. Une fois le terrain d’entente trouvé avec le client, le cahier des charges doit être scrupuleusement respecté. Plus ce cahier est complet et plus simple sera la tâche du graphiste lors de l’exécution. Mieux votre graphiste vous connais, et comprend l’environnement de l’entreprise et mieux sera sa production. Une identité visuelle propre qui vous correspond avec un code couleur adapté. Une fois que l’on sait ce que le client désire, c’est à nous de donner vie à cette idée, et cela prend également du temps, des connaissances et parfois plusieurs essais.

Au préalable, cette étude de solutions va impliquer des délais, non négligeables, afin d’effectuer des recherches. Le créatif doit être en mesure de proposer à son client des pistes solides dans le but de pouvoir le faire rêver. Inutile de proposer 30 concepts, 3 à 4 propositions efficaces suffisent amplement. Tel un architecte, il est important d’avoir un minimum de culture/savoir dans ce domaine pour trouver plus aisément ce que l’on doit chercher (des études qui finalement servent ^^)

LA CRÉATION

Une fois toutes les pistes éliminées, les brouillons validés, il faut maintenant passer à l’exécution, la casquette principale du graphiste. Encore merci à toutes ces années de formation et d’apprentissage. Selon les projets, l’investissement en temps et en énergie varie, un peu comme notre ami l’architecte.

Une fois le travail exécuté et les pièces remises au bon format au client, le graphiste reste disponible pour toutes modifications, ajustements et autres arrangements futurs. Certains graphistes facturent, et d’autres pas.

Ai je déjà dit que toutes ces étapes demandent du temps, des connaissances et de l’énergie ? Au même titre que n’importe quel autre métier d’artiste ou d’indépendant, pourquoi payer l’architecte et pas le graphiste ?

LES CHARGES

En plus de tous les éléments qui ont été évoqué précédemment, et à l’instar de n’importe quelle entreprise, le freelance supporte à sa charge le coût de :

ses cotisations sociales, sa retraite, ses assurances, sa formation, sa médecine professionnelle…Ainsi que tous les frais professionnels : matériel, licences de logiciels, local professionnel, mobilier, électricité, téléphone, connexion Internet, transport et véhicules…

Il gère également lui-même :

Les démarches administratives imposées par son statut, la comptabilité de son activité, la veille technologique…

Un vrai businessman ce graphiste !

QU’EST-CE QUE LE BÉNÉFICE ANNUEL ?

Comme toute entreprise, l’objectif est de faire du profit ( ‘cause time is money ! ) d’augmenter les bénéfices, aucune honte à cela, une fois les charges payées, conserver 20% du bénéfice est un bon résultat.

Suite à tous les points que nous venons d’évoquer et à quelques recherches de ma part je suis en mesure d’affirmer que le tarif journalier du graphiste freelance débutant tournera autour des 250 à 300 euros par jours HT. Même si ce tarif vous parait important, il est judicieux de souligner le fait que le graphiste freelance coûte beaucoup moins cher qu’un salarié, notamment par rapport aux charges patronales. Comme le dit si bien JULIEN MOYA :

« si la solution freelance n’offrait pas des avantages à la hauteur de son coût, votre client aurait déjà embauché un salarié…« 

Sources : http://kitdesurvie.metiers-graphiques.fr/002_tarif-freelance.html

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